Roman

Un dimanche de révolution – Wendy Guerra

9782283030660Cleo est une poétesse et écrivaine reconnue partout dans le monde sauf sur son île, à Cuba. Là, on la soupçonne de pactiser avec l’ennemi. Ailleurs – à New York, à Mexico – les Cubains en exil se méfient aussi : elle pourrait bien être une infiltrée. Partout où elle cherche refuge, refusant de renier qui elle est – une femme cubaine, une artiste –, on la traque. Plongée dans cette immense solitude, Cleo tente de travailler à son nouveau livre : la mort de ses parents l’a laissée exsangue, ses amours battent de l’aile. Alors quand apparaît à sa porte Gerónimo, un acteur hollywoodien qui prépare un film sur Cuba et détient des informations bouleversantes sur sa famille, sa vie bascule. Tour à tour enquête – puis véritable quête –, vertigineuse histoire d’amour mais aussi chronique d’une vie dans une Cuba où le régime à bout de souffle s’immisce dans le quotidien jusqu’à l’absurde, Dimanche de révolution dresse un portrait sensuel, aimant et corrosif d’une génération toujours écrasée par les soubresauts de cette révolution qui n’en finit pas d’agoniser.

Je réfléchis au mot qui résumerait ma lecture. C’est à la « frustration »que je pense. En effet, ce roman n’a pas su répondre aux questions qu’il pose, au suspense qu’il impose. J’ai eu envie de savoir: pourquoi les autorités cubaines s’acharnent tant sur Cléo? Que craignent-elles? Que sont devenus les parents de la jeune femme? Qui sont-ils réellement? Quelle est le secret que tente de dévoiler Géronimo? Tant de questions et aucune réponse. L’auteure ne nous dévoile rien, sinon pas grand chose. On se perd, comme Cléo. On veut savoir comme elle mais on finit par ne rien comprendre. On sent l’absurde, la folie d’un régime politique qui a perdu tout sens de raisonnement, le désespoir, le désarroi, l’incompréhension, la suspicion permanente qui frôle la paranoïa. Et l’on finit par se demander s’il y a vraiment un secret à dévoiler, s’il existe réellement des informations de haute importance. On finit par se dire qu’il n’y a peut-être rien; rien d’autre que la peur d’une autorité qui voit partout et en chacun de ses citoyens un potentiel ennemi prêt à tisser des relations avec l’ennemi. Frustrant oui mais un roman intelligent qui sait dire l’absurdité des régimes politiques autoritaires voire totalitaires apeurés. 

Roman envoyé par la maison d’édition Buchet-Chastel en partenariat avec Babelio.

Note: 3/5

Un dimanche de révolution, Wendy Guerra, Buchet & Chastel, 216p, 19€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

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