Roman

Leïla, fille de Gomorrhe – Yakup Kadrı Karaosmanoğlu

Leila-fille-de-GomorrheIstanbul danse avec l’ennemi. C’est l’occupation après la Grande Guerre. Dans un Empire ottoman démantelé, ne subsiste que ce lambeau. Et bien que détestés, les occupants alliés – anglais, français, italiens – fascinent. Accumulant conquêtes et prestige, la belle Leïla mène une vie mondaine tumultueuse. Entre le capitaine Jackson Read et son fiancé Necdet, son coeur hésite. Se brûlant les ailes au contact d’un Occident dévoyé, Leïla devient alors la proie idéale d’une époque trouble. De soirées en rencontres, de débauches en désillusions, les destins se croisent : Madame Jimson, Nermin, Marlow, Miss Moore, Azize Hanim… Autant de personnages qui s’enivrent de bonheurs futiles et opportunistes. Mais qu’adviendra-t-il d’eux ? De ces Turcs, de ces Anglais, de ces Français que l’histoire oblige à se côtoyer ? À travers le souvenir de Sodome et Gomorrhe purifiées par le feu, l’espoir subsiste pourtant. Au loin, en Anatolie, des Turcs se battent pour la Libération. Sauvera-t-on Istanbul ? Que deviendra-t-elle ? Seul roman paru sur la capitale ottomane occupée, Leïla, fille de Gomorrhe est, au-delà de la fiction, un récit singulier sur les bouleversements de cette ville jusqu’ici inexplorés. Et un habile prétexte à la critique de sociétés vouées aux plaisirs faciles, embourbées dans leurs contradictions…

La lecture de ce roman reçu dans le cadre du jeu Masse critique de Babelio s’est faite avec plaisir. L’écriture est élégante, agréable. Elle est raffinée. Je l’ai beaucoup appréciée. Quant aux thèmes évoqués, ils sont, pour moi, d’un grand intérêt. C’est la passion amoureuse et ses tourments; c’est la dislocation de l’Empire ottoman et ses conséquences c’est à dire l’occupation des lieux par les vainqueurs – anglais, français et grecs; c’est leur cohabitation avec les populations locales; c’est l’humiliation subie; c’est la supériorité affirmée; c’est la rencontre des imaginaires, des représentations, des stéréotypes donc des déceptions et des désillusions; c’est enfin la contestation des forces étrangères. Ecrit à l’heure de la construction de la Nation turque, la dénonciation de ces dernières ne peut surprendre. Le roman les évoque tels des perfides qui souillent le pays à son contact, transportant avec eux des comportements et des valeurs controversés, le titre en témoigne. Il y a, enfin, dans ce roman, les traces d’une influence française: j’ai pensé, pendant la lecture, à Maupassant, je ne saurais dire pourquoi. J’ai donc forcément apprécié. Je le conseillerai.

Note: 4/5

Roman envoyé par la maison d’édition Turquoise en partenariat avec Babelio.

Leïla, fille de Gomorrhe, Yakup Kadrı Karaosmanoğlu, Edition Turquoise, 207p, 18€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

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