Autobiographie, Emprunté, Roman

Qui trop embrasse – Judith Bernard

 cvt_Qui-trop-embrasse_505Quand elle débarque à Lyon pour devenir enseignant-chercheur, Juliette Canard ne sait pas encore que le monde universitaire est un milieu féroce. Elle est joliment palmée et son ramage est charmant, mais elle n’a pas les dents qu’il faut… Alors elle se fera complètement plumer et s’en repartira boiteuse. Qui trop embrasse aborde ce temple du savoir qu’est l’université par son versant obscur : du côté du corps, de la sensation et de la pulsion. On s’y désire, on s’y déchire, on s’y dévore – quand sonne l’hallali, la bête sait son heure venue et que tout est fini. Mais ce n’est pas grave puisqu’on peut rire de tout et surtout de ce qui nous détruit. Alors c’est moins un drame personnel qu’une tragi-comédie : burlesques les chutes, risibles les morsures et les crimes, de papier.

J’apprécie Judith Bernard. J’aimais sa présence dans l’émission Arrêt sur Images sur France 5, j’adorais ses émissions littéraires sur le site d’information du même nom. Je la trouve brillante, intelligente, pleine d’énergie et de pédagogie. Quand j’ai vu son roman dans les rayons de la bibliothèque municipale, je l’ai tout de suite emprunté. Je savais son sujet, je voulais voir le traitement qu’elle en faisait. Et je dois dire que j’ai été un peu déçue. Si j’ai beaucoup apprécié sa dénonciation du monde universitaire, l’hypocrisie qu’il pouvait y régnait, les dysfonctionnements, les contradictions que l’on pouvait y noter, j’ai moins aimé, en effet, son écriture. Elle ne manque pas d’énergie, elle est pimpante, elle va dans tous les sens et c’est justement son excès qui fait son défaut. Judith Bernard ne permet effectivement pas le repos, il n’y a pas de répit dans son texte. Son écriture est comme son personnage, qui tient un peu d’elle-même, très physique. Elle occupe l’espace, elle impose, elle affirme. Elle est tout sauf timorée. J’ai eu l’impression, au cours de ma lecture, d’entendre la voix de Judith Bernard, une voix très rythmée, pleine d’énergie, qui va vite. C’est un plaisir de l’écouter, c’est pas forcément le cas lorsque sa voix est couchée sur le papier. Dommage.

Note: 3/5

Qui trop embrasse, Judith Bernard, Stock, 270p, 22€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

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