Emprunté, Roman

Encore – Hakan Günday

GUNDAY-Encore-72dpiGazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce. Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre…

Autant le dire, cet auteur n’est pas fait pour moi. Je n’avais pas aimé Ziyan, je n’ai pas apprécié Encore. Il est trop sombre, trop noir, trop obscure, trop dramatique. Il est violent, brutal, lourd, chargé. Il est un coup de poing, une décharge. Il est direct, sans fioriture. L’auteur ne prend aucun gant pour dire la cruauté, la barbarie, le sadisme; pour décrire l’horreur de l’humanité. C’est tout ce que je n’aime pas lire parce que je suis trop sensible, parce que je n’ai pas besoin que l’on me dise, avec autant de franchise, ce qu’il y a de pire en l’être humain. Ce roman n’est pas fait pour moi mais il doit exister. Il doit être écrit, diffusé, lu; notamment par toutes celles et ceux qui restent indifférents au sort de l’humain et qui n’ont pas de mal à résumer le monde à leur petit nombril. Il faut, comme le fait Hakan Günday, dire le pire en l’être humain. Il faut écrire sa capacité à perdre de son innocence, de sa bienveillance; sa facilité à épouser la tyrannie, la manipulation et la destruction. Il faut raconter sa folie. C’est écœurant, déstabilisant mais utile parce que réel.

Note: 3/5

Encore, Hakan Günday, Galaade, 384p, 24€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

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