Emprunté, Roman

L’atelier des miracles – Valérie Tong Cuong

9782709642798-XProf d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge.  Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac.  Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles.  Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.

Une agréable surprise que ce roman. Fluide, doux, léger, il est d’une belle luminosité. Il ne brille pas aux éclats, il ne fait pas dans l’ostentatoire, il est, au contraire, discret; sa lumière est mince, fragile. Elle n’aveugle pas. Elle réchauffe doucement l’âme et l’esprit, elle leur donne une certaine énergie. Elle a pourtant, dans son ombre, une certaine noirceur qui ne se laisse découvrir qu’au fil des pages. Là encore, l’obscurité fait dans la discrétion. L’auteure l’évoque sans jamais la dire, la nommer. Elle est dans le texte, on la sent, la perçoit mais elle n’est pas affichée. Tout est dit sans être ouvertement exprimé. Valérie Tong Cuong raconte la complexité de l’être, la frontière très mince entre le juste et son contraire, entre la générosité et l’acte intéressé, entre l’assistance et la manipulation; elle dit avec efficacité le poids de la culpabilité, la perte de repère, l’essoufflement, la fatigue. Elle raconte des personnes brisées qui ne demandent qu’à être « réparées », des vies « démolies » qui ne demandent qu’à être « reconstruites ». Et c’est sur un ton jamais tragique qu’elle le fait. Ce n’est pas lourd. C’est, au contraire, d’une simplicité, d’une « légèreté » qui nous permet de réfléchir à la complexité de l’humain sans jamais nous étouffer. A conseiller.

Note: 4/5

L’atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, JC Lattès, 264p, 17€

A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

Une réponse à “L’atelier des miracles – Valérie Tong Cuong”

  1. Le 18 septembre 2016 à 9 h 33 min Edyta a répondu avec... #

    J’en garde un bon souvenir.

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