Roman

L’insouciance – Karine Tuil

4528733De retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l’armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu’elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain, fils d’un ancien ministre et résistant juif. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. À la veille d’une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami d’enfance de Romain, Osman Diboula, fils d’immigrés ivoiriens devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité politique montante, prend alors publiquement la défense de l’homme d’affaires, entraînant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde.

En un mot: excellent. J’ai beaucoup aimé ce roman de la rentrée littéraire. Il est riche, intelligent, clairvoyant. Il est bien écrit, bien pensé, bien mené. Il n’y a, pour moi, aucune faute dans ce roman qui évoque bon nombres de sujets qui me passionnent tout particulièrement. C’est le rapport à l’identité, sa place dans nos sociétés, les questions qu’elle pose et impose: qu’est-ce que l’identité? Une subjectivité? Une objectivité? Elle se ressent, se construit ou s’acquière et s’impose par la naissance? Peut-on, dans ce cas, lui échapper? Peut-on s’en extirper sans être accusé de traîtrise par celles et ceux qui veulent la voir assumée? C’est, aussi, dans ce roman, la violence entre les classes sociales qui est évoquée: celle des plus riches qui a le pouvoir et qui fait dans l’entre-soi, celle des plus pauvres qui ne comprend pas l’organisation de ce monde, veut le changer en espérant obtenir le confort et les privilèges des plus aisées. C’est l’insouciance qu’écrit enfin ce roman: celle de ces personnages qui, confrontés à la violence de ce monde, de la société, des cercles dans lesquels ils sont enfermés, perdent leur légèreté. Leur inconscience les mène à la dure réalité, aux douleurs et aux souffrances; des contraintes et difficultés qui blessent chaque jour l’âme qui a dès lors besoin de se protéger: et c’est en vivant simplement, loin des fioritures qu’elle le fait; c’est en épousant la simplicité qu’elle s’adoucit et accepte de vivre la vie. Ce roman est à conseiller pour tout ce que j’ai évoqué. Il est une intelligence qu’il faut apprécier, savourer.

Roman envoyé par Gallimard en partenariat avec Babelio.

Note: 5/5

L’insouciance, Karine Tuil, Gallimard, 528p, 22€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

Une réponse à “L’insouciance – Karine Tuil”

  1. Le 21 août 2016 à 10 h 57 min Edyta a répondu avec... #

    Les avis sont pour l’instant unanimes sur ce dernier roman de Karine Tuil.

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