Roman

Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie

product_9782070468805_195x320«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre. Mais comment rester soi lorsqu’on change de pays, et lorsque la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Je participe à la ferveur collective parce que j’ai, moi aussi, beaucoup apprécié ma lecture fluide, gracieuse, pleine d’intelligence. Le roman est un pavé mais il se lit sans lourdeur, sans anicroche. C’est bien écrit, merveilleusement construit. Chimamanda Ngozi Adichie nous raconte ici ce que la couleur de peau dit et signifie aux Etats-Unis. Les couleurs parlent, en effet, dans ce pays qui n’accepte pas véritablement les plus foncées, des nuances pouvant exister. Elle écrit le rôle de l’Autre dans la constitution de l’identité; une identité qui s’impose et duquel il est difficile de s’extirper puisque c’est le regard de toute la société, de l’organisation collective qui vous assigne, que vous le vouliez ou non, à être autre, une différence. Leur « Nous » se pense et se construit en opposition à « Vous », une nécessité psycho-sociologique pour justifier et légitimer une domination politiquement organisée. C’est ce « Nous » et « Vous » que découvre Ifemelu en quittant le Nigeria pour les Etats-Unis. Dans ce pays, elle se découvre noire en effet; une couleur de peau qui, comme elle le verra, n’est pas sans conséquence politique, économique et sociale pour elle et ses semblables; une couleur de peau qu’elle ne connait pas au Nigeria. Dans cet Etat que l’on découvre aussi un peu dans ce roman, pays où les richissimes veulent vivre à la mode « occidentale », une référence dans le monde, ce n’est plus la couleur de peau qui compte mais les origines sociales; on y rêve du confort, de la richesse, d’une vie calquée sur celle qui vaut dans les pays riches; pays – on se le rappelle – qui ont fait leur succès sur le dos de celles et ceux qu’ils ont opprimé en justifiant une couleur de peau, une différence. Ce roman est donc à conseiller pour toute la richesse de son propos, pour son analyse, sa réflexion sur les questions d’identités, le rapport entre « dominant » et « dominé », « riche » et « pauvre », « Occident » et « pays en voie de développement ».

Note: 4/5

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie, Folio, 704p, 8.70€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

Une réponse à “Americanah – Chimamanda Ngozi Adichie”

  1. Le 21 août 2016 à 10 h 54 min Edyta a répondu avec... #

    Je suis revenue avec sa version polonaise dans ma valise mais comme elle débordait de livres, je ne sais pas quand je le lirai. (Impossible d’envoyer les commentaires des articles de l’étranger).

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