Emprunté, Roman

Annabel – Kathleen Winter

bm_CVT_Annabel_1832Déçue, voilà le mot. Je m’attendais à quelque chose de passionnant, d’intéressant, d’intellectuellement nourrissant mais il n’y avait, pour moi, rien qui puisse atteindre le niveau espéré. C’était plat, sans rythme, sans véritable profondeur. Pourtant, le sujet se prêtait à une recherche approfondie, à un questionnement sans borne, à une curiosité sans faille, illimitée. Qu’est-ce que l’hermaphrodisme? Une anomalie? Un handicap? Une maladie? Ou une identité qu’il faut considérer comme aussi naturelle que celui du masculin et du féminin? A quelles difficultés les hermaphrodites sont-ils (elles?) confrontées? Comment se construisent leur identité dans nos sociétés où il n’y a pas de place pour l’ambiguïté, où le masculin s’oppose au féminin sans qu’il soit possible de les concilier? Peut-on vivre en hermaphrodite ou doit-on obligatoirement se choisir un genre, un sexe? Le roman aborde quelques-unes de ces questions mais ne les exploite jamais jusqu’au bout. Il reste en surface, surfe sur la vague, refuse de plonger dans les profondeurs comme si l’hermaphrodisme n’était pas le principal sujet, comme s’il n’était qu’un détail évoqué, comme si l’essentiel était ailleurs. Bien mais où? Aucune idée. J’ai eu l’impression, moi, de lire un roman sur la région du Labrador, sur le rythme et la vie qu’elle imposait; sur l’ennui ou le sentiment de liberté qu’elle suscitait; d’où les descriptions et les longueurs inutiles et infinies sur la nature, la forêt, l’environnement et le paysage. Je dis « inutile » parce que là n’est pas, normalement, le sujet du roman; parce qu’il n’y a pas besoin, à mon sens, d’écrire avec tant de détails le décor. Qu’apporte-t-il au sujet, à son analyse et son exploitation? Pas grand chose, à mon humble avis, puisqu’il nous écarte de l’essentiel; puisqu’il ne lui laisse que peu de place. Voyez: 454 pages et on ne sait pas vraiment comment Wayne vit avec son hermaphrodisme, ce qu’il en fait, ce qu’il a décidé, comment il construit son identité. Je veux bien lire l’histoire de cette famille qui ne sait pas comment agir, comment faire devant l’inconnu, face à cet hermaphrodisme plein de mystère. Mais j’aurais aimé plus que cela. J’aurais espéré un questionnement plus foisonnant, plus enrichissant … je me serais sans doute beaucoup moins ennuyée.

Note: 2/5

Annabel, Kathleen Winter, Edition 10/18, 480p, 8.80€

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A propos de Heval Kani

Passionnée par la littérature, je partage ici et avec vous mes goûts et mes couleurs, en espérant découvrir ceux de mes visiteurs qui m'aideront ainsi à varier les tons et les impressions.

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